Une architecture de glanage au service du développement soutenable

Visite de chantier d’une expérience architecturale

Le vendredi 17 janvier, dans le froid et avec le mistral pour accompagnateur, nous avons pu découvrir les prémices d’un village, le brouillon de ce qui deviendra à l’horizon 2013 un noyau de vie et de ville. Sur un terrain coincé entre les bureaux de la friche de Marseille et les voies de chemin de fer, un groupe d’étudiants encadrés par leurs professeurs tentent d’imaginer et de créer un nouvel espace.

Une architecture de glanage

Dans la mesure où le paradigme d’un épuisement possible des ressources naturelles devient une évidence, alors que la nécessité d’un développement soutenable s’impose peu a peu, ce groupe d’étudiants nous livre une vision de ce que pourrait être une architecture radicale et inspirée de ces nouvelles contraintes.
Ainsi, tous les matériaux de construction ont été récupérés, glanés sur les chantiers voisins. De ce bric-à-brac, mi vide-grenier, mi-déchetterie naitront les premières structures élaborées à partir de la confrontation entre le projet et les matériaux de récupération : un vieux bidon permettra de créer un lampadaire, les lattes de palettes seront recyclées dans une charpente, les baignoires serviront de cuves de rétention de l’eau de pluie et permettront l’arrosage des fleurs …

Une architecture de témoignages

Pendant une dizaine de jours, ces étudiants ont été confrontés à l’obligation de travailler avec des objets mis au rebut, jetés, évacués. Leur réemploi leur offre une nouvelle vie, les inscrit dans un nouveau projet, sans faire l’impasse sur leur passé : ils portent en eux les traces, les marques de leurs anciens usages, de leurs anciennes histoires.

Une approche interdisciplinaire

Dés l’origine de ce projet, dés les premières réflexions sur le devenir de ce terrain , des étudiants aux parcours divers ont été associés : étudiants en architecture, en design, à l’école nationale supérieure du paysage, en école d’ingénieur… La confrontation de leurs parcours, de leurs réflexions sur leurs disciplines ont permis l’éclosion de ces idées, tour à tour drôles, baroques, loufoques, ou émouvantes.

Les invités à cette visite ont eu la chance de découvrir un laboratoire de possibles, un espace d’expérimentation. Impressions de basculer dans la préhistoire de l’architecture, mais qu’il était bon par ce froid mistral d’entrer dans un habitacle où des cailloux entassés dans une palette conférait un brin d’étanchéité, où une simple plaque de plastique nous abritait, où une petite lumière nous rappelait la flamme tremblante de nos premiers feux.

Jean-Christophe Agnel



Encore plus de  photos  sur l’album Flickr Village de Ville

 

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2 réponses
  1. admin
    admin dit :

    Merci d’avoir repris un de mes articles dans votre blog. J’ai par la même occasion découvert un nouveau blog qui traite d’ éco-construction et j’ai pu apprécier la qualité des billets.
    Durablement.

    J. Christophe Agnel

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] Sous la houlette de leurs professeurs, un groupe de près de 200 étudiants tente une expérience architecturale audacieuse : créer un noyau de vie et de ville sur un terrain coincé entre les bureaux de la friche de Marseille et les voies de chemin de fer. Mais l’audace ne s’arrête pas là, il s’agit de construire en utilisant exclusivement des matériaux de récupération pour réduire au maximum l’empreinte écologique du projet. Lire la suite et voir les photos : http://www.panseo.fr/?p=3197 […]

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